Tesla a déposé deux nouvelles demandes d'enregistrement de marques pour le Roadster ce 3 février. L'une d'elles laisse entrevoir ce qui pourrait être la première silhouette officielle mise à jour du véhicule.

Une Tesla Roadster (première génération) en vert foncé, une voiture de sport tout électrique aux courbes épurées, au style aérodynamique et à la construction légère - ©Karolis Kavolelis / Shutterstock
Une Tesla Roadster (première génération) en vert foncé, une voiture de sport tout électrique aux courbes épurées, au style aérodynamique et à la construction légère - ©Karolis Kavolelis / Shutterstock

Tesla a transmis à l'Office américain des brevets et des marques deux documents qui donnent un aperçu de l'image de marque prévue pour sa voiture de sport électrique. La première demande concerne un logotype « ROADSTER » dans une police étirée et angulaire, avec des lettres segmentées qui lui confèrent une esthétique futuriste. La seconde présente une silhouette élégante composée de trois lignes courbes fluides qui semblent dessiner le profil du véhicule. Le document décrit le dessin comme « un motif triangulaire composé de trois lignes courbes fluides ». C'est la première apparition officielle d'éléments graphiques associés au Roadster depuis sa présentation en 2017.

Les deux demandes ont été déposées sur la base d'une « intention d'utilisation », ce qui signifie que Tesla n'a pas encore utilisé ces logos à des fins commerciales mais prévoit de le faire. Josh Gerben, avocat spécialisé en marques, explique dans un article de blog que cette approche permet à Tesla de « garantir une date de priorité nationale, empêchant ainsi des tiers de tenter d'enregistrer des marques identiques ou similaires prêtant à confusion après l'annonce publique des logos ». En déposant les demandes avant tout dévoilement public, l'entreprise élimine le risque que des contrefacteurs tentent de devancer Tesla auprès de l'USPTO une fois les modèles annoncés.

Une protection juridique, pas une garantie de lancement

Ne démarrons pas au quart de tour. Le dépôt de marques n'indique pas forcément qu'un produit arrivera sur le marché dans l'immédiat. Tesla aurait pu utiliser la formulation « standard » préapprouvée par l'USPTO pour l'identification des véhicules électriques, ce qui aurait limité les frais de dépôt à 350 dollars par demande.

L'entreprise a opté pour une formulation personnalisée, moyennant des frais supplémentaires de 200 dollars par demande. On y voit la volonté de précision dans la protection de l'image du Roadster, mais cela ne nous dit rien sur le calendrier de production.

La silhouette déposée paraît plus élégante que celle du prototype présenté en novembre 2017, avec un toit légèrement plus anguleux. Et c'est heureux, car le design d'origine date de près de dix ans, et Tesla a bien eu le temps de revoir sa copie et ses lignes. Mais là encore, rien ne garantit que l'entreprise conservera le design global tel qu'il a été pensé à l'époque, puisque Elon Musk a récemment affirmé que la conception n'était que « presque » finalisée en octobre 2024.

©Mike Mareen / Shutterstock
©Mike Mareen / Shutterstock

Neuf ans de promesses non tenues

Le Roadster est le champion du monde des retards depuis sa révélation aux côtés du Tesla Semi en novembre 2017. Elon Musk promettait alors une production en 2020. Raté. La date a été repoussée à 2022, puis à 2023, puis à 2024. Il a réitéré la production pour 2025, mais dès octobre 2024, il hésitait déjà. En novembre 2025, Tesla a officiellement repoussé la démonstration du Roadster au 1er avril 2026, la production étant désormais prévue pour 2027 ou 2028.

Le milliardaire a plaisanté en disant que la tenue de la démonstration le jour du poisson d'avril lui donnait « une certaine marge de manœuvre » si les choses ne se déroulaient pas comme prévu.

Pour ajouter au mystère, il a affirmé à plusieurs reprises que le Roadster pourrait « voler » grâce à un « kit SpaceX » comprenant des propulseurs à air froid. Il a même laissé entendre que le véhicule « ne serait pas vraiment une voiture » et pourrait léviter au-dessus du sol. En janvier, il a déclaré : « Si la sécurité est votre priorité absolue, n'achetez pas le Roadster », ajoutant qu'il s'agirait de « la meilleure des dernières voitures à conduite humaine ». Comme souvent, des déclarations spectaculaires qui détonnent avec l'absence totale de véhicule tangible depuis presque dix ans.

Quand on pense que des clients ont déjà réservé leur exemplaire en 2017, on se demande s'ils croient encore aux miracles. Car il est difficile à ce stade de savoir si la présentation prévue pour avril 2026 sera l'année du retour en force du Roadster ou simplement un nouveau coup de bluff médiatique.

Les dépôts de marques du 3 février ne sont donc qu'un indice parmi d'autres. Tesla protège juridiquement son image, mais le Roadster pourrait bientôt être rebaptisée l'Arlésienne.

Source : Gerben Law